AEW 2025 : l’Afrique attire des milliards pour l’exploration et renforce ses partenariats énergétiques

Jules Boa
Jules Boa octobre 1, 2025
Updated 2025/10/01 at 11:27 AM

L’African Energy Week (AEW) 2025 a débuté sur les chapeaux de roue, affichant une forte ambition : accélérer les progrès de l’industrie pétrolière, gazière et des énergies vertes en Afrique. Les annonces d’énormes investissements dans la recherche sismique, les nouveaux projets d’exploration et le soutien renouvelé des États-Unis ont donné le ton d’un sommet tourné vers l’avenir énergétique du continent.

Le sénateur américain Ted Cruz a assuré que Washington soutiendrait les objectifs énergétiques africains. Il a souligné que les États-Unis doivent se positionner comme un partenaire fiable et stratégique, en investissant massivement dans la recherche, la production et les infrastructures. Il a présenté cette collaboration comme une alternative solide à l’influence chinoise, en mettant l’accent sur une approche économique axée sur l’investissement. Josh Volz, un haut responsable du Département de l’Énergie américain, a rappelé que les entreprises américaines sont déjà bien implantées en Afrique avec environ 65 milliards de dollars investis, auxquels s’ajoute un budget récent de 2,5 milliards pour consolider le développement énergétique local.

Côté africain, NJ Ayuk, dirigeant de la Chambre africaine de l’énergie, a confirmé que l’exploration est en plein essor, mais a mis en garde contre les lourdeurs administratives qui freinent encore la réalisation des projets. Il a insisté sur l’importance de la transparence et d’un environnement d’investissement plus favorable, critiquant les politiques de « deux poids, deux mesures » qui valorisent le gaz en Europe tout en limitant son expansion en Afrique. Pour lui, le gaz doit être reconnu comme un atout stratégique pour répondre à la demande croissante.

Sur le plan industriel, Kristian Johansen, patron de TGS, a révélé que son entreprise a investi plus d’un milliard de dollars dans les données sismiques sur le continent au cours des dix dernières années. Ces informations, qui couvrent environ 70 % des ressources disponibles, constituent un avantage majeur pour diminuer les risques liés à l’exploration et relancer les gisements vieillissants. Mike Sangster, vice-président Afrique de TotalEnergies, a quant à lui rappelé l’importance des sommes nécessaires pour répondre aux besoins énergétiques africains. Selon l’Agence internationale de l’énergie, près de 500 milliards de dollars par an sont indispensables, dont une grande partie pour entretenir les capacités existantes. TotalEnergies consacre d’ailleurs la moitié de son budget d’exploration en Afrique et développe de nouveaux projets en République du Congo, en Namibie, au Nigéria, en Angola et en Ouganda. L’entreprise investit également dans des solutions durables comme la réduction du brûlage des gaz au Gabon, le déploiement de milliers de détecteurs de méthane et le renforcement de ses capacités en énergies renouvelables.

Enfin, NJ Ayuk a insisté sur l’urgence d’améliorer l’accès aux combustibles propres, notamment le gaz de pétrole liquéfié (GPL), afin de réduire les millions de décès liés chaque année à l’utilisation de combustibles traditionnels pour la cuisine. Pour lui, le GPL représente une solution immédiate et essentielle dans la transition énergétique africaine.

Avec un afflux d’argent, le soutien affirmé des partenaires internationaux et une détermination croissante des acteurs africains, l’AEW 2025 marque un tournant important vers un avenir énergétique plus solide et inclusif pour le continent.

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