Burkina Faso : retrait du permis d’exploitation de la mine d’or Taparko

Jules Boa
Jules Boa septembre 15, 2025
Updated 2025/09/15 at 9:45 AM

Le Burkina Faso intensifie la régulation de son industrie aurifère en retirant officiellement la licence d’exploitation de la mine d’or de Taparko Mining S.A., située dans la province du Namentenga. Cette décision, annoncée le 11 septembre 2025, est motivée par des raisons juridiques et le non-respect des engagements socio-économiques de l’entreprise. Elle s’inscrit dans une volonté gouvernementale de renforcer la transparence et le contrôle des ressources stratégiques du pays.

La décision est justifiée par des conflits et des manquements. Les autorités affirment que Taparko Mining S.A. est impliquée dans des affaires judiciaires qui compromettent sa capacité à atteindre les objectifs économiques et sociaux fixés par l’État. En application de l’article 126 de la législation minière adoptée en juillet 2024, le gouvernement a jugé nécessaire d’annuler le permis minier de l’entreprise, invoquant des litiges susceptibles de perturber l’ordre public et de nuire à l’image de l’industrie minière burkinabè.

L’État souhaite reprendre le contrôle de la mine pour augmenter ses revenus et financer les priorités nationales, comme la lutte contre l’insécurité et la réponse aux besoins de la population. Cette reprise de contrôle reflète une volonté d’autonomie économique dans un secteur clé qui contribue de manière significative au budget national.

La mine de Taparko connaissait déjà des difficultés. Les activités avaient été suspendues en avril 2022 en raison de la dégradation de la sécurité. Malgré l’annonce d’une reprise par Skygold Resources en mai 2023, la mine n’a pas retrouvé son niveau de production. Les chiffres montrent qu’en 2022, seulement 353 kg d’or ont été vendus, générant 12,6 milliards FCFA de recettes, contre 2,92 tonnes et 94,48 milliards FCFA l’année précédente.

Malgré cela, le secteur aurifère reste stratégique. Le dernier rapport ITIE Burkina Faso 2023, publié en mars 2025, met en évidence la résilience du secteur extractif. La production nationale d’or a atteint un niveau record de 57,35 tonnes (+10 % par rapport à 2022), d’une valeur de 2 161 milliards FCFA. L’or demeure un moteur économique essentiel, représentant 581 milliards FCFA de recettes pour l’État, 14,8 % du PIB, 75,5 % des exportations et plus de 25 000 emplois directs, dont 60 % pour les Burkinabè. Les exportations sont principalement destinées à la Suisse (45 %) et aux Émirats arabes unis (30 %).

La nouvelle législation minière de 2024, qui exige plus de transparence et une participation obligatoire de 15 % de l’État, vise à renforcer le cadre institutionnel. L’affaire Taparko souligne la nécessité de renforcer les critères d’attribution des licences, de mieux surveiller les exportations et d’assurer un suivi rigoureux des coûts pour garantir la durabilité et la crédibilité de l’industrie aurifère.

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