Lutte contre l’orpaillage illégal : le gouvernement mobilise les communautés pour freiner l’orpaillage clandestin

Jules Boa
Jules Boa juillet 17, 2025
Updated 2025/07/17 at 10:17 AM

Pour contrer la progression de l’exploitation aurifère illégale en Côte d’Ivoire, le ministre des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly, a lancé une nouvelle campagne de sensibilisation dans les villes de Daoukro, Bongouanou, Dimbokro, Toumodi et Yamoussoukro, prévue du 10 au 11 juillet 2025. Cette initiative fait suite aux actions déjà menées à Boundiali, Kong et Korhogo en juillet 2024.

L’objectif est clair : faire participer activement les populations des campagnes pour transformer cette lutte en un effort collectif et durable.

Des conséquences graves pour la société et l’environnement

Le ministre a rappelé les effets dévastateurs de l’extraction d’or non autorisée sur les territoires :

  • Forte pollution des rivières et des cours d’eau
  • Fermeture prématurée d’écoles
  • Augmentation de la violence et de la criminalité
  • Multiplication de trous dangereux autour des villages
  • Destruction des zones forestières considérées comme sacrées

En plus des problèmes humains et écologiques, le pays subit des pertes économiques importantes : près de 100 tonnes d’or sont extraites illégalement chaque année, entraînant un manque à gagner fiscal d’environ 700 milliards de francs CFA, pour une valeur totale dépassant 4 000 milliards de francs CFA.

L’État favorise une approche qui inclut tout le monde et qui dure dans le temps
Après avoir démantelé plus de 1 760 sites illégaux et traduit en justice 713 personnes en 2024, l’État change de stratégie. Il souhaite désormais que les communautés locales soient au cœur d’une nouvelle façon de gérer les mines, basée sur l’éducation, la collaboration et l’autonomisation.

Mamadou Sangafowa-Coulibaly insiste sur l’importance d’une exploitation aurifère bien encadrée. Les habitants sont encouragés à se regrouper en coopératives minières, à suivre des formations techniques et à demander des autorisations artisanales ou semi-industrielles, garantissant ainsi une exploitation légale, sûre et rentable.

Deux solutions : l’artisanat légal et l’industrie officielle

Parallèlement, le gouvernement s’efforce de rendre le pays plus attractif pour les investisseurs du secteur minier industriel. Des mécanismes de partage équitable des revenus sont en cours entre les entreprises, les autorités locales et les populations, créant ainsi les bases d’une approche novatrice : une souveraineté minière partagée, combinant artisanat responsable et exploitation industrielle contrôlée.

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