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Guinée : le gouvernement ordonne un nouvel arrêt des activités liées à l’exploitation du fer de Simandou

En Guinée, le ministre des Mines et de la Géologie a ordonné à Rio Tinto et Winning Consortium Simandou (WCS) « l’arrêt immédiat de toutes les activités relatives au projet Simandou ». Selon la lettre datée du dimanche 3 juillet dont l’Agence Ecofin a pu obtenir copie, cette décision est justifiée par l’inaction des deux sociétés concernant la formalisation de la coentreprise prévue par l’accord-cadre de mars 2022.

« L’inertie que vous entretenez autour de la formulation des modalités de la participation de l’Etat dans le capital social de la coentreprise compromet dangereusement la mise en œuvre effective du projet dans l’intérêt supérieur des parties prenantes », regrette le ministre Moussa Magassouba. Le responsable a néanmoins précisé que la porte reste ouverte « pour la signature des Statuts de la coentreprise », préalable sans doute indispensable à la levée de cette interdiction.

Il faut rappeler que la décision du gouvernement guinéen fait suite à un ultimatum de 14 jours annoncé il y a plus de deux semaines à l’issue d’une réunion entre les deux sociétés et le président de la Transition Mamadi Doumbouya. Ce dernier qui tient à voir le projet Simandou entrer en production au plus tard à la fin du premier trimestre 2025, avait déjà ordonné une suspension similaire des activités en mars dernier, avec pour résultat la signature de l’accord-cadre.

Ce document tripartite prévoit notamment une participation gratuite de 15 % de l’Etat dans la mine et toutes les infrastructures du projet, notamment le chemin de fer et le port. Il oblige en outre Rio Tinto et WCS à mutualiser leurs efforts dans le développement du projet, une mesure censée accélérer les travaux et permettre à l’Etat et au peuple guinéen de voir enfin le potentiel de Simandou se concrétiser.

Selon les estimations les plus récentes, le gisement peut livrer annuellement jusqu’à 100 millions de tonnes de minerai de fer. Il en héberge jusqu’à 4 milliards de tonnes et constituerait un moyen pour le pays ouest-africain, déjà deuxième producteur mondial de bauxite, de bousculer la hiérarchie mondiale des producteurs du minerai de fer.

 

Source : Agence Ecofin

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