À l’occasion de la troisième Conférence des Nations unies pour l’océan (Unoc 3), qui se tiendra en juin 2025 à Nice, une centaine d’ONG ont lancé un appel aux États pour interdire toute nouvelle exploration pétrolière et gazière en mer. Cet appel intervient alors que des preuves scientifiques accablantes soulignent les effets dévastateurs de ces pratiques sur les écosystèmes marins.
Des Conséquences Dévastatrices sur la Vie Marine
Les ONG, dont OceanCare, pointent du doigt la destruction irréversible que causent les activités d’exploration pétrolière et gazière en mer. Selon Nicolas Entrup, directeur des relations internationales d’OceanCare, ces pratiques génèrent certains des bruits les plus intenses dans nos océans, perturbant gravement la faune marine, du plancton aux grandes baleines. Ces activités peuvent être fatales pour la biodiversité marine, accentuant les risques pour les espèces marines déjà menacées.
Une Transition Vers un Avenir Durable sans Énergies Fossiles
Les 111 organisations signataires de cette lettre ouverte appellent à inscrire l’interdiction de l’exploration pétrolière dans la déclaration finale de l’Unoc 3, soulignant l’urgence de mettre fin à l’exploitation des énergies fossiles en mer. Les ONG plaident pour une transition énergétique globale, en phase avec les engagements pris lors de la COP28 à Dubaï en 2023, visant à réduire progressivement la dépendance aux énergies fossiles.
L’année 2024 a été marquée par des températures océaniques records, accentuant le changement climatique et menaçant davantage les écosystèmes marins. La hausse des températures des océans accélère la montée des mers, exacerbant les impacts du réchauffement climatique. Malgré ces preuves scientifiques, des milliards de dollars continuent d’être investis dans la recherche de pétrole et de gaz dans les fonds marins.
Des Avancées et des Obstacles Politiques
Certaines nations ont déjà pris des mesures significatives pour limiter l’exploration pétrolière en mer. La France, l’Espagne et le Portugal ont interdit l’exploration pétrolière dans leurs zones maritimes respectives. Le Danemark a également pris des mesures pour limiter cette pratique. Toutefois, des débats continuent de secouer le gouvernement français, comme l’a illustré l’intervention du ministre des Outre-mer, Manuel Valls, qui a évoqué la possibilité d’une interdiction de l’exploitation des hydrocarbures en Guyane. Cette proposition a suscité des réactions contradictoires au sein du gouvernement, notamment de la part de la ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher.