Bien que traditionnellement classé comme un combustible fossile au même titre que le gaz et le charbon, issu de la fossilisation de la matière organique en hydrocarbures souterrains, la notion de pétrole en tant que ressource géologiquement renouvelable mérite d’être examinée.
Production naturelle continue, quoique extrêmement lente
Le processus naturel continu de création de matière organique et de sédimentation contribue à la production de nouveaux hydrocarbures, suggérant une renouvelabilité technique à l’échelle des temps géologiques. Les estimations proposent un taux de production naturelle de 100 000 à 300 000 barils par an.
Le gouffre entre la production naturelle et la consommation mondiale
La consommation mondiale de pétrole oscille autour de 100 millions de barils par jour, soit plus de 1 100 barils par seconde. L’humanité consomme l’équivalent d’une année entière de production pétrolière naturelle en moins de quatre minutes.
Cette disparité flagrante souligne que même si le pétrole est techniquement renouvelable, son taux de régénération est insuffisant pour compenser une extraction et une consommation massives, ce qui en fait une ressource non renouvelable en termes pratiques.
Pétrole vs énergies renouvelables : une distinction définitive
L’Organisation des Nations Unies (ONU) définit les énergies renouvelables comme des sources naturelles qui se régénèrent plus vite que leur consommation. À l’inverse, les combustibles fossiles, dont le pétrole, nécessitent des centaines de millions d’années pour se former, ce qui les classe définitivement parmi les ressources non renouvelables.
Une illusion renouvelable
D’un point de vue purement géologique, le pétrole peut être considéré comme renouvelable. Cependant, sa formation est si progressive qu’il ne peut être considéré comme une solution durable à la demande énergétique mondiale. La lutte contre le changement climatique et la raréfaction des ressources nécessite une transition prioritaire vers des sources d’énergie véritablement renouvelables.